Contact & coordonnées

Ouvert à tout public
le mercredi de 19 à 22 h

Iskis
6 rue Saint-Martin

35700 Rennes
Métro Sainte-Anne

Tél. : 02 99 33 26 08
contact@iskis.org
Facebook
Twitter
Instagram
 

Membre fier

La Fédération LGBTI+ regroupe les centres et associations LGBTI+ de France.

 

L'association a déménagé au 6 rue Saint-Martin !

 

Ce site n'est plus mis à jour.

Nouveau site web

La société avancera, avec ou sans l’Église

2012-08-15 11:45

0 commentaire(s)

Tandis que le gouvernement prépare l'ouverture du mariage civil et de l'adoption aux couples de même sexe, les conservateurs rassemblent leurs forces et jouent des muscles.

En un mois, déja deux éditoriaux d'Ouest-France, quotidien français au plus fort tirage, s'y sont attelés sous la plume de la famille Hutin, père et fille. Soutiens notoires de l'Église catholique, ils brandissent la menace d'une implosion de la société.

Ce mercredi 15 août, ce sont les paroisses françaises qui brandissent l'épouvantail de la chute de civilisation par la prière mariale proposée par le cardinal André Vingt-Trois. Prière nationale volant au secours de la France, elle entend défendre la famille traditionnelle : un homme et une femme et des enfants.

La manœuvre est habile. À aucun moment ne sont cités l'homosexualité, le mariage ou l'adoption. Cachée derrière des notions vagues, le clergé se défend de stigmatiser quiconque. Cependant, les collègues du cardinal Vingt-Trois nous offrent une explication de texte. Aucun doute n'est permis, c'est bien à l'égalité des droits que l'Église en veut.

Nous nous désolons de voir que des conservateurs choisissent un chemin qui attise la haine, sous couvert de leur religion. La réalité est qu'ils ont peur d'une société qui avance plus vite que leurs idées. L'Église répondra qu'elle respecte les personnes mais condamne ce qu'elles sont, qui elles sont. Peut-on vraiment croire à cette hypocrisie ?
La crise économique a également bon dos. L'avancée des droits mettrait à mal la stabilité de la société ? Au contraire, c'est d'apaisement social, d'égalité, de respect dont nous avons besoin. C'est à camper sur des positions rétrogrades qu'on risque la rupture.

N'en déplaise aux conservateurs, 65% des Français sont favorables au mariage pour tous et 53% à l'adoption par les couples de même sexe selon le sondage IFOP [1] du 15 août 2012. Parmi les ouailles du cardinal Vingt-Trois, 57% acceptent le mariage pour tous [2]. La société est prête à ce changement depuis le début de ce siècle, ce sont la loi et les législateurs qui ont du retard.

On notera que l'Église n'a pas inventé le mariage et n'en a pas l'apanage. L'archevêque de Lyon crie à l'ingérence du Parlement alors que ce dernier ne vise que la réparation d'une injustice du mariage civil. Nulle part il n'est question de mariage religieux et personne n'a suggéré que des couples de même sexe soient mariés par des prêtres.

Quant à l'homoparentalité, elle est une réalité. Plusieurs dizaines de milliers d'enfants grandissent aujourd'hui avec des parents de même sexe. De toujours, les schémas familiaux ont été divers et ne se limitent pas à des familles nucléaires hétérosexuelles. Le rôle du législateur est d'assurer la protection de chacun, quelle que soit la configuration de sa famille. Ce n'est pas à l'Église d'en juger.
Nous encourageons les ecclésiastiques à faire l'expérience de la vraie vie, à rencontrer ces personnes sur lesquelles ils déversent leur haine, ces parents qu'ils décrient, ces enfants pour lesquels ils s'inquiètent tant.

Ce qui nous attriste n'est pas tant de lire des propos haineux. Les positions de l'Église, nous les connaissons. Ce sont les conséquences qu'elles ont sur des populations déjà fragilisées. Ce sont ces jeunes que nous allons récupérer avec une estime d'eux-mêmes déplorable, ces moins jeunes qui sont passés à côté de leur vie à cause de la honte et de la peur que les discours homophobes ont imprimées en eux.
Nous ne baisserons pas les bras. Nous irons vers une société plus juste, plus ouverte, plus respectueuse. Nous choisissons le chemin du progrès et du courage.

[1] Sondage IFOP
[2] 25 % de pratiquants selon cet article de La Croix

Revenir

Commentaires