Contact & coordonnées

Ouvert à tout public
le mercredi de 19 à 22 h

Iskis
6 rue Saint-Martin

35700 Rennes
Métro Sainte-Anne

Tél. : 02 99 33 26 08
cglbtrennes@live.fr
Facebook
Twitter
Instagram
 

Membre fier

La Fédération LGBTI+ regroupe les centres et associations LGBTI+ de France.

 

L'association a déménagé au 6 rue Saint-Martin !

Communiqué contre l'Entente parlementaire

2012-01-28 15:21

0 commentaire(s)

Les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transidentitaires ne se laisseront pas prendre en otage par un débat électoraliste.

Plusieurs dizaines de parlementaires ont rejoint cette semaine « l'Entente parlementaire pour la défense du droit fondamental de l'enfant d'être accueilli et de s'épanouir dans une famille composée d'un père et d'une mère ». Cette Entente, déjà lancée en 2006, vise à s'opposer à l'ouverture du mariage à tous les couples et à la pleine reconnaissance de l'homoparentalité. Jean-Marc Nesme, député UMP de Saône-et-Loire, et Dominique De Legge, sénateur UMP d'Ille-et-Vilaine, sont à l'origine de ce texte.

Le Centre Gay Lesbien Bi et Trans de Rennes est une association s'engageant pour la promotion de l'égalité et dans la lutte contre les discriminations touchant les personnes homosexuelles, bisexuelles, trans et leurs proches. Soutenu-e-s par les collectivités locales, toutes les semaines, nous accueillons et accompagnons de nombreuses personnes victimes de discriminations. C'est un devoir pour nous de réagir à cette initiative, portée notamment par un parlementaire de notre département.

« Nous défendons l'intérêt de l'enfant ». Monsieur De Legge, non ! L'homoparentalité est une réalité qui concerne quelques 300 000 enfants en France. Et il est du devoir des législateur-trice-s de prendre en compte la diversité de ce qui fait la famille aujourd'hui. On ne peut ignorer qu'aujourd'hui, ces familles, et en particulier ces enfants, sont, du fait de l'absence de loi, en situation d'instabilité juridique. Seuls les liens de filiation biologique ou adoptive sont reconnus entre l'enfant et son parent. Les parents dits sociaux ne sont pas reconnus comme tels par la loi. Les enfants ne sont donc pas protégés correctement contre les aléas de la vie (décès d’un parent biologique ou adoptif, séparations et conflits entre les parents, hospitalisation….). Parce qu'aucun lien de filiation ne les rattache, l'enfant pourra donc être séparé de la (les) personne(s) qui, pourtant, s'est (se sont) non seulement engagée(s) dans ce projet parental mais a (ont) aussi participé à tous les aspects de sa vie quotidienne.
Cette situation n'est pas acceptable ! Dans l'intérêt des enfants nés et à naître il est primordial que Monsieur De Legge comprenne et soutienne nos propositions : un lien de filiation doit être établi entre l'enfant et son (ses) parents non biologique(s) ou adoptif(s) par reconnaissance en mairie ou présomption de parentalité selon le type d'union.

« Nous défendons l'épanouissement de l'enfant ». Monsieur De Legge ne défend que sa vision rétrograde de la famille. Les députés signataires soutiennent que grandir dans une famille avec deux parents du même sexe expose l'enfant à « des difficultés d'identification et de structuration de sa personnalité comme le souligne la grande majorité des pédopsychiatres ». Cet argument laisse interrogateur quant aux sources desdits pédopsychiatres puisque, depuis de nombreuses années, les études psychiatriques et sociologiques montrent que l'épanouissement des enfants n'est en aucun cas impacté par le sexe des parents qui les élèvent.
L'enfant doit avant tout être entouré de parents aimants et à même de lui transmettre des valeurs. Nul besoin de l'enfermer dans un modèle unique et conservateur qui nie toute évidence et réalité de ce qu'est la famille du XXIe siècle.

« Nous sommes pour l'égalité républicaine ». Monsieur De Legge s'enferme dans une logique communautariste malgré des arguments qui dénoncent ce principe même : « L'objectif de la loi ne peut être que l'intérêt général et non l'intérêt particulier d'une communauté », indique cette Entente parlementaire.
Effectivement, si nous pouvons nous accorder sur le refus de toute forme de communautarisme, nous ne pouvons que souligner l'ignorance de Monsieur De Legge : nos associations ne réclament pas de droits spécifiques ou communautaires. Être pour l'égalité, être républicain-e, aller contre l'idée de communautarisme, c'est porter l'idée que tou-te-s les citoyen-ne-s doivent avoir les mêmes droits et les mêmes devoirs. Nous sommes pour l'égalité et nous demandons notamment que le mariage et les implications qui en découlent soient ouverts aujourd'hui à tous les couples, quels que soit le genre ou l'orientation sexuelle des membres de ce couple.

Nous, personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans (LGBT), nous élevons contre cette initiative et refusons d'être les otages de personnalités politiques qui souhaitent, à l'approche d'échéances électorales, se refaire une santé sur notre dos, en nous montrant du doigt. Le rôle des parlementaires n'est pas d'exclure certain-e-s de ses concitoyen-ne-s. Ce type de propos renforce les discriminations et les violences dont sont victimes les personnes LGBT, instaurant un mal-être qui nourrit notamment l'épidémie du VIH-SIDA et la sur-suicidalité au sein de nos communautés. Sans l'égalité des droits, les efforts de prévention auprès de ces populations seront vains et les membres de cette Entente parlementaire en porteront une part de responsabilité.

Le Centre Gay Lesbien Bi et Trans de Rennes.

Sept associations s'associent à nous dans la signature de ce communiqué :
Aides Haute-Bretagne
HES Ille-et-Vilaine
Les Bâtisseusses
Les Enfants d'Arc en Ciel l'asso !
Steredenn - Espace Femmes Dinan
UNEF Rennes
Commune Vision 

Revenir

Commentaires